Avant 2014, ma carrière avançait. J'avais collaboré avec des grands groupes — LVMH, Orange, Bouygues Construction, Unilever. Partenariats publics-privés, relations diplomatiques, direction commerciale d'un magazine politique à Abidjan. Tout allait bien sur le papier.
De l'extérieur, c'était une trajectoire idéale. Des logos prestigieux sur le CV, des projets structurants, un réseau qui s'élargissait. Le genre de parcours qu'on montre en exemple.
Mais à l'intérieur, quelque chose ne collait plus.
La question qui grandissait
Quelque part entre les réunions de direction et les négociations partenariales, une question a commencé à prendre de la place. D'abord discrète. Puis insistante. Puis impossible à ignorer.
“Est-ce que c'est vraiment ça, ma direction ? Est-ce que ce travail a du sens ? Est-ce que je construis quelque chose qui compte ?”
Ce n'était pas de l'ingratitude. Ce n'était pas un caprice. C'était un décalage profond entre ce que je faisais et ce que je voulais vraiment construire. Entre la réussite visible et le sens invisible.
Mais je continuais. Parce que c'est ce qu'on fait quand tout va bien sur le papier — on continue.
Septembre 2014 — l'accident
Un accident de la route à l'étranger a tout arrêté. Du jour au lendemain, plus de réunions. Plus de négociations. Plus de carrière qui avance.
Deux ans pour réapprendre à marcher. Deux ans de rééducation, de silence forcé, de face-à-face avec soi-même. Deux ans pour décider ce qui compte vraiment.
“Celui qui a un pourquoi peut traverser n'importe quel comment.”
Friedrich Nietzsche
Quand votre corps vous oblige à tout arrêter, votre esprit fait le tri. Les choses superflues tombent. Les questions essentielles remontent. Et la réponse qui émerge est souvent celle qu'on refusait d'entendre.
La mienne était simple : je ne voulais plus contribuer à un système dont je ne partageais pas les valeurs.
La rupture
Après l'accident, j'ai rompu avec l'agro-industrie et ses limites éthiques. J'ai rompu avec l'idée que la performance justifie tout. J'ai rompu avec la carrière linéaire, les promotions prévisibles, les objectifs trimestriels déconnectés du réel.
Ce n'était pas un rejet de ce que j'avais fait. C'était une prise de conscience : je pouvais utiliser tout ce que j'avais appris pour servir une autre direction.
C'est là qu'est né un engagement total pour l'impact social. Non pas comme un idéal déconnecté du terrain, mais comme une décision stratégique, ancrée dans l'expérience.
Ce que les grands groupes m'ont appris
Je ne renie rien de mon parcours en entreprise. Au contraire. Tout ce que je suis aujourd'hui en tant qu'accompagnateur vient de ces années-là.
Travailler avec des groupes comme LVMH, Orange ou Bouygues Construction, c'est apprendre :
- La rigueur — chaque détail compte, chaque livrable est calibré
- La structure — un projet sans cadre est un projet qui dérive
- La stratégie commerciale — comprendre un marché, positionner une offre, convertir un prospect
- La négociation — défendre ses intérêts sans détruire la relation
- Les partenariats institutionnels — naviguer entre secteurs public et privé, entre cultures et logiques différentes
“Ce sont des outils, pas des valeurs. J'ai gardé les outils. J'ai changé la direction.”
La reconstruction
La reconstruction ne s'est pas faite en un jour. Elle s'est faite en étapes, chacune portant une leçon différente.
2017 — Oasis Karmonie. Un premier projet entrepreneurial dans l'économie sociale et solidaire. L'apprentissage de la création à partir de zéro, avec les contraintes spécifiques du secteur à impact.
La Fédération des Ekoacteurs. Structurer un réseau d'acteurs engagés. Comprendre que l'impact ne se décrète pas — il se construit collectivement, avec méthode.
La Méthode ANCRE. La synthèse de tout. Un cadre stratégique né de 10 ans de terrain, 352 entrepreneurs accompagnés, et une conviction : on peut entreprendre avec impact sans sacrifier la rigueur stratégique.
Du corporate à l'impact — avec la même exigence.
Ce que j'apporte aujourd'hui grâce aux deux mondes
Mon parcours n'est pas une ligne droite. C'est un pont entre deux univers que tout semble opposer — et qui ont tout à s'apporter.
“La rigueur des grands groupes + l'agilité des structures à impact = un accompagnement unique.”
Concrètement, cela veut dire :
- Des cadres stratégiques éprouvés — pas des théories, des méthodes testées en conditions réelles
- Une compréhension du développement commercial — acquise dans des environnements où chaque euro doit être justifié
- Une sensibilité à l'impact — parce que la performance sans sens est un moteur sans direction
- Une approche terrain — 63 projets cofondés, pas seulement conseillés
Les entrepreneurs et experts que j'accompagne bénéficient de cette double expérience. Ils obtiennent la structure sans perdre l'âme de leur projet.
Né entre deux cultures
Il y a un autre fil rouge dans cette histoire. Un fil qui précède la carrière, l'accident, la reconstruction.
Mère française. Père ivoirien. Europe et Afrique. Deux langues, deux logiques, deux façons de voir le monde — et la nécessité constante de faire le pont entre les deux.
Cette double culture n'est pas un détail biographique. C'est le fondement de tout. C'est elle qui m'a appris à naviguer entre des réalités différentes, à comprendre des codes multiples, à construire des ponts là où d'autres voient des frontières.
Quand j'accompagne un entrepreneur en Francophonie — qu'il soit à Paris, à Abidjan ou à La Réunion — je ne regarde pas depuis l'extérieur. Je comprends de l'intérieur.
Ce que je veux transmettre
Si vous lisez cet article, c'est peut-être parce que vous aussi, vous sentez ce décalage. Entre ce que vous faites et ce que vous voulez construire. Entre la sécurité du connu et l'appel de quelque chose de plus aligné.
Je ne vous dirai pas que c'est facile. Ce n'est pas facile. Mais je vous dirai ceci :
“Nous pouvons aussi changer le monde, à notre échelle, à notre façon, à notre rythme — sans se perdre ni se trahir.”
C'est cette conviction qui guide mon travail aujourd'hui. Chaque entrepreneur que j'accompagne porte un projet qui peut créer de la valeur — pour lui, pour ses clients, pour le monde. Mon rôle, c'est de l'aider à structurer ce potentiel pour qu'il devienne réel, durable et rentable.
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- Récit personnel — Ken Mohoué Anassin, parcours entrepreneurial 2007–2026